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Comment tenir un journal de trading, et le tenir vraiment

Publié le · 8 min de lecture

Un journal de trading ne sert que s’il est tenu. Voici comment le rendre assez simple pour durer, et assez riche pour apprendre.

Pourquoi la plupart des journaux sont abandonnés

Trois semaines. C’est à peu près la durée de vie d’un journal de trading commencé avec enthousiasme. La raison n’est pas le manque de volonté ; c’est le coût de saisie. Quand chaque trade demande dix minutes de recopie, le journal devient une corvée, la corvée est repoussée, et le journal meurt.

La première règle est donc de réduire la saisie au strict utile. Tout ce qui peut être automatisé doit l’être : heure, prix, volume, résultat, commissions. Il ne devrait vous rester que ce que la machine ne sait pas : pourquoi vous avez pris ce trade, et comment vous l’avez vécu.

Quoi noter, en trois couches

Couche 1 : les faits

Date et heure d’entrée et de sortie, symbole, sens, prix d’entrée, stop initial, objectif, prix de sortie, volume, résultat net, commissions. Ces données existent déjà dans votre plateforme. Avec une synchronisation MetaTrader ou un import de fichier, vous ne les tapez jamais.

Couche 2 : le contexte

Le setup (cassure, retour sur support, tendance, contre-tendance), la session (Asie, Londres, New York), le contexte de marché (avant ou après une annonce, volatilité), le plan suivi et s’il a été respecté. Ce sont des champs à options, pas des phrases : c’est ce qui permet d’en faire des statistiques.

Couche 3 : le vécu

Une note courte, une capture d’écran au moment de l’entrée, un mot sur l’émotion (calme, pressé, revanchard). Une ligne suffit. C’est la couche qui, relue après un mois, vous apprend le plus sur vous-même.

Quand noter

  • Les faits : jamais à la main si vous pouvez l’éviter. Sinon, en fin de session, d’un bloc.
  • Le contexte : au moment de l’entrée, en dix secondes, parce que c’est le seul moment où vous savez vraiment pourquoi vous entrez. Après coup, vous rationalisez.
  • Le vécu : à la sortie, une ligne.

Le journal doit être ouvert à côté de la plateforme pendant la session, pas rangé dans un dossier.

Comment relire

Un journal qu’on ne relit pas est un cimetière de trades. Fixez deux rendez-vous :

  1. Chaque semaine, quinze minutes : la liste de la semaine, le calendrier coloré, et une question : quel trade n’aurais-je pas dû prendre, et qu’est-ce qui l’annonçait ?
  2. Chaque mois, une heure : les statistiques par catégorie. Quel setup gagne ? Quelle session perd ? Quel jour de la semaine ? Quelle est ma performance quand je respecte mon plan et quand je ne le respecte pas ?

C’est à la relecture mensuelle que le journal rembourse le temps investi. Vous découvrez, chiffres à l’appui, que vos trades de vendredi après-midi coûtent plus qu’ils ne rapportent, ou que le setup que vous préférez n’est pas celui qui gagne.

Les erreurs classiques

  • Noter des phrases au lieu de champs. « Entrée sur cassure du range de Londres » ne devient jamais une statistique. Un champ Setup = Cassure et un champ Session = Londres, si.
  • Juger un setup sur dix trades. Il en faut bien plus pour conclure ; notre guide sur le nombre de trades nécessaire explique pourquoi.
  • Changer de format tous les mois. Fixez vos champs, tenez trois mois, puis ajustez.
  • Ne noter que les gagnants. Les perdants sont la matière première du journal.

Un modèle de départ

Si vous partez de zéro, commencez avec ces champs et rien de plus : Symbole, Sens, Session, Setup, Résultat, Plan respecté (oui/non), Émotion à l’entrée, Note. Dans TradeNalyze, un template neuf naît déjà avec ces champs et quelques autres ; vous retirez ce qui ne sert pas et vous ajoutez le vôtre.

Le bon journal est celui que vous tiendrez encore dans six mois. Faites-le court, faites-le en champs, et relisez-le.

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